La critique est facile, mais l’art est difficile, disait Philippe Destouches, qui, comme BHL n’aura pas laissé une trace indélébile dans l’histoire. L’interview de Bernard Henri Lévy est un summum de fadaises et d’idées toutes faites nourries par l’air du temps : « le PS est mort » - vive le PS oserai-je ajouter-.
Depuis les européennes, il est acquis pour tout le monde, du figaro à Libération que le parti socialiste est mort. Face à cette évidence médiatique, les charognards se réveillent. On ne pensait pas qu’il y avait, à l’intérieur même du parti autant de hyènes et de vautours, mais le constat est là, les destructeurs internes sont plus virulent que la presse généralement acquises aux thèses libérales. Mais ce qui est plus grave, c’est qu’un homme estampillé « intellectuel » développe un discours creux pour faire du buzz dans une presse, toute prête à épouser l’expression « le PS est mort ». De citations en expression imagée, notre BHL se noie dans sa propre logorrhée. Et de citer Sartre, Alfred Jarry ou Italo Calvino ou pire Maurice Clavel (le gaulliste, catholique et maoiste), pour ne rien dire. Est-ce là l’air du temps que les intellectuels n’aient plus rien en tête
La seule idée forte de BHL : il faut changer le nom du PS. Il rejoint par là même notre Manuel Valls qui en a fait son cheval de bataille pour sa candidature présidentielle en 2012.
Je suis aussi convaincu que le PS a besoin d’une grande rénovation, mais je persiste à croire qu’il est préférable de tenter de faire émerger des idées, plutôt que de se complaire dans la critique stérile et de tirer sur l’ambulance. Les idées de la gauche aujourd’hui, tournent autour de la sécurité sociale professionnelle, de la régulation écologique, sociale et économique nationale et internationale, du protectionnisme éthique et du retour à la planification Or, ni BHL, ni Lang, ni Dray, ni Valls, ni les potentats marseillais et Lyonnais n’ont d’idées neuves à proposer.
Je ne sais pas si le PS est mort. Comme disait Lavoisier « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». La parthénogénèse qui se produit au PS est en soi une rénovation et on peut attribuer au mal du socialisme, le virus social-libéral qui l’a finalement parasité et affaibli.
Si, aujourd’hui, les tenants du socialisme- marxiste tentent une explication de la réalité et mettent, difficilement, en place un paradigme non capitaliste, il est logique que les tenants de la continuité productiviste et du toilettage de l’économie libérale montent au créneau.
Je reste persuadé que la mort n’est pas forcément dans le camp des marxistes et que la bête libérale qui s’agite encore dans nos rangs va finir par être terrassée. Au mieux ses partisans finiront-ils comme les radicaux ou plus récemment le MODEM, coincé entre l’oisiveté des « entre-deux » présidentiels et la collaboration plus ou moins active à tous les gouvernements de droite, en faisant du sarkozysme sans le savoir : qui parle à gauche est agit à droite. Ces partisans de l’immobilisme et des idées toutes faites, toujours prêt à faire des bulles, mais une bulle n’est que de l’air emprisonné.