Il fallait bien que cela arrive. La Rochelle avait sans doute enfoncé un coin dans la candidature, à venir, de Ségolène, pour les prochaines présidentielles et mit en avant un PS au travail et prêt à consulter les militants, il fallait quelque chose pour faire dérailler ce train en marche.
Ce « quelque chose », c’est un livre qui s’acharne à démontrer, ce que tout le monde sait déjà : il y a eu des irrégularités dans le vote désignant la première secrétaire du PS.
Si tout le monde le sait, pourquoi en faire un livre, qui ne manque pas de parti-pris d’ailleurs. L’enquête vise, en effet, surtout les fédérations Aubryiste et très peu (c’est un euphémisme) le camp royaliste. Quid des arnaques de Collomb ou Guérini, quid de la fédération de l’Hérault et l’insoupçonnable Frêche, rien ou presque ! En plus de fondre sur Martine, le livre en profite pour éclabousser Dray et DSK…tant qu’on y est, profitons en pour couler les autres concurrents.
Y-a t-il eu fraude au moment du vote ? Bien malin qui pourrait le nier. Depuis toujours, la guerre des courants avait amené à grossir le nombre de militants dans quelques sections ou fédérations; aujourd’hui, il serait étonnant que la fraude ait disparue. Ce qui change en 2009, est que on parle moins des courants et beaucoup plus des personnes, mais on peut toujours voter pour un paquet de frites.
La fraude est acquise donc, à la grande satisfaction des médias et de l’écurie Royal. Il faudrait donc revoter !
Oui, mais voilà, le PS est en marche, et depuis si peu de temps, qu’il serait suicidaire de recommencer un congrès de Reims en pleine élections régionales, tant pour Ségolène que pour
Martine. Alors, que faire ?
Les militants vont être consultés le 1er Octobre. Ne serait-il pas judicieux qu’on leur demande, à part des autres questions, si ils souhaitent revoter ? Martine pourrait ainsi mettre la pression sur l’appareil en montrant son honnêteté et bénéficier sûrement d’un vote massif pour le statu quo. Car, ce qui a été réjouissant, dans cette affaire, c’est qu’aucun, sauf Ségolène, n’a demandé qu’on repasse par la case « vote » et que nombreux furent les personnalités qui auraient pu s’engouffrer dans la brèche. La fraude a bien eu lieu, mais personne aujourd’hui ne souhaite se tirer une balle dans le pied et les caciques, Royalistes ou autres, pensent, avant tout, à leur réélection. Pas certain non plus que si la fraude est avérée, beaucoup aient envie de voir arriver Ségolène à la tête du PS, juste avant les primaires. Il faudrait donc revoter ! Car n’en doutons pas, une fois les régionales passées, le soupçon de fraude reviendra pourrir les esprits.