Vers un Etat société anonyme.
Si l’Etat doit être un acteur dans l’économie, son rôle d’acteur économique n’est pas forcement souhaitable. Que la puissance publique
intervienne et régule l’activité, rien de plus normal. Que cet état impose des règles à tous et ait un rôle préventif et/ ou coercitif auprès des acteurs économiques paraît être une bonne
chose : l’Etat doit représenter l’intérêt général et doit rester le garant des équilibres nationaux.
En revanche,quand l’état devient un acteur économique, son rôle devient partial et déséquilibre donc l’état nation, comme le montre les deux exemples suivants
Le 6/07, Martin Hirsch, l’abbé Pierre de Nicolas Sarkozy, venait sur France-Inter défendre son bébé : le RSA. Martin se montrait fier de cette mesure, qui, déclarait-il aller bénéficier à des millions de personnes. Par rapport au RMI et l’API, ce revenu de solidarité active allait toucher les mêmes bénéficiares mais également bénéficier aux salariés sous la forme de complément de revenu.
Comment peut-on se réjouir que l’Etat se substitue à l’entreprise pour faire augmenter le pouvoir d’achat des salariés ? Comment peut-on admettre que l’Etat s’associe au patronat pour rémunérer les salariés. Le RMI, même si sa fonction reste discutable, offrait une revenu minimum aux pauvres de notre pays, le RSA devient un complément de revenu, qui ajouté à la prime pour l’emploi, contribue à dédouaner les entreprises de toute augmentation de salaires, pour les années à venir.
Le 09/07, EDF notre fleuron électrique, à 85% contrôlé par l’Etat, propose d’augmenter les tarifs de l’abonné moyen de 20% en trois ans. Là encore, on peut s’interroger sur le rôle de l’état ou son « laisser-faire » et au final, sa conception du service public. Pour la petite histoire, EDF compte aujourd’hui 25 milliards de déficit, ce qui convenons-en est colossal. Ces pertes sont dues en grande partie aux rachats inconsidérés que l’électricien a fait sur le marché mondial de concurrents peu fiables tels « British Energy » ou « Constellation » aux Etats-Unis. Or, lorsqu’un ancien service public se lance dans la mondialisation, les débuts sont souvent difficiles. Ce qui parait encore plus discutable est le fait qu’EDF a déjà souscrit un emprunt auprès des particuliers et que celui-ci lui a amené quelques milliards d’argent frais. Or cet emprunt a été abondé par 250.000 particuliers, qui bouclier fiscal aidant a vu dans l’emprunt EDF une possibilité de rente à long terme sans grand risque pour les sommes engagés. Après donc, qu’EDF se soit refait une petite santé, en proposant une rente à long terme aux plus riches, elle vient, avec, n’en doutons pas, la bénédiction de l’Etat, ponctionner l’argent des plus pauvres, en augmentant ses tarifs.
EDF a besoin d’argent pour investir, c’est un fait. Les tarifs Français d’électricité sont parmi les plus bas d’Europe, par volonté politique depuis le choix du nucléaire, c’est un autre fait. Mais dans ce cas, pourquoi demander à tous de contribuer et de rémunérer en intérêt d’emprunt les nantis qui ont les moyens d’investir. Ici encore, on touche du doigt, l’Etat non plus comme régulateur mais l’Etat entreprise à rentabiliser. Ici encore, l’Etat se place aux côté des plus riches.
Depuis désormais 25 ans l’Etat n’a pas souhaité se montrer coercitif, ni même prévenir, les dérives financières mondiales et aujourd’hui bon nombre de pays dits développés sont au bord du gouffre financier avec, pour certains un risque réel de perdre pied dans l’économie mondialisée. Dans un grand nombre de pays européens les déficits prennent une dimension abyssale, la France grâce en partie à son système de redistribution social et son fort taux d’épargne, semble être la plus épargnée. Les déficits et son corollaire, la chute de la croissance, commencent à préoccuper Italie Allemagne ou Espagne, quant à l’Islande, la faillite n’est pas loin. L’état Français est aujourd’hui exsangue avec un plan de relance et une loi TEPA, qui n’ont eu comme effet que de creuser les déficits. L’état aujourd’hui ne peut plus et ne souhaite toujours pas, malgré les déclarations de Sarkozy, régulé l’économie, au niveau national comme international
Inutile e rappeler qu’en 20 ans 10% des sommes qui auraient être attribuées au salaire l’ont finalement été au capital, et spécifiquement au capital financier, ce qui veut dire que si la répartition capital/travail était restée celle des années 80, c’est 200 milliards d’euros de plus qui seraient versés en salaire dans l’hexagone – un sacré plan de relance-.