
Qu’ont en commun, les guichetiers de banque ou de métro, les concierges d’immeubles, les surveillants d’externat et demain les caissières de super et hypermarché ? Devinez, un
peu !
Ils appartiennent tous à des métiers de relations publiques en voie de disparition.
Il y a déjà longtemps que nos poinçonneurs des lilas ont disparu. Etait-ce son air bourru qui contribua à sa perte…pas du tout !
Le guichetier de banque ; lui qui moyennant fourniture de vos papiers d’identité vous délivrez la somme voulue et qui comptait scrupuleusement chaque billet de cinq francs (oui, je sais c’est vieux) avant de vous tendre la liasse a lui aussi quitté nos établissements bancaires pour être supplanté par des commerciaux prêts à vous vendre n’importe quel produit financier ou prêt indexé sur le cours du pétrole sur le marché à terme de New York ou sur le prix du kilo de carottes du marché de Sin le Noble.
Qu’en est-il de nos concierges pas toujours aimables, scrutant chaque visiteur d’un œil inquisiteur et lessivant à grandes eaux les escaliers, au moment où vous rentrez du boulot ? Disparues, elles aussi, ou si peu nombreuses aujourd’hui, qu’elles sont recherchées à prix d’or avec bac+2, minimum, pour des appartements très éloignés de toutes les bourses (en tout cas des nôtres).
Ces métiers ont une autre particularité : être le plus souvent remplacer par des flics !
Du guichetier de métro, nous sommes passés aux distributeurs automatiques et aux portes non moins automatiques, pour empêcher la resquille. Seulement voilà, la machine assure une fonction et une seule, pas de surveillance, pas de tolérance, pas de discussion possible avec un automate qui mécaniquement délivre des tickets. Là, où le guichetier discutait avec les habitués des transports collectifs, là où il tolérait ou morigénez le contrevenant, le robot ne fait rien. Pour obtenir la même qualité de service, il s’est avéré nécessaire d’embaucher des gardiens de la paix pour les envoyer en brigades surveiller que les clients utilisent civilement les moyens de transports, sans heurt ni violence. Des guichetiers automatiques ont été installés protégés contre les dégradations puis, surveillés par des caméras électroniques …puis par des flics du métro qui surveillent aujourd’hui tout cet engeance de matériel informatisé qui voudraient que les passagers se comportent comme des boîtes de conserves sur un tapis roulant.
Nos braves préposés bancaires sont aujourd’hui de braves robots distributeurs d’argent aussi in humanisés que fragiles et capricieux, toujours prêt à garder votre carte bleue au chaud dans son ventre pour un long week-end
Nos braves concierges, eux aussi, ont vu arriver progressivement leurs remplaçants : digicodes et autres portiers automatiques avec code secret pour chaque locataire…et une charge d’entretien et de maintenance. Dans les HLM des banlieues à chômage, les systèmes automatiques ont fait long feu, laissant toute sa place à la déshumanisation et à l’insécurité. On ajouta des caméras…et des polices dites de proximité et des îlotiers : des concierges en uniformes !
Aujourd’hui, c’est au tour des surveillants d’externat, les fameux pions de collège ou de lycées d’être remerciés. Là où des étudiants en nombre suffisant assuraient une présence administrative et de surveillance les lycées ultra-modernes ont mis sur pied des cartes de pointage pour les absences ou la demi-pension, laissant les abords de l’établissement scolaire, la proie des malfaisants en tous genres et remplaçant là encore l’Homme par la machine sous la forme de casiers cadenassés et aussitôt ouverts ou des garages à vélo sous surveillance électronique. Ici encore la machine ne remplit pas son office et notre ministre de….(il n’y a plus beaucoup de ministres connus aujourd’hui) En fait Estrosi, vient de décider de mettre en place des portiques détecteurs de métaux et des brigades de flics pour sécuriser les établissements scolaires.
Et demain ! les caissières de nos supermarché, vous savez, ces braves cerbères qui vous mettaient sous le nez le petit panneau « caisse fermée », au moment où vous veniez tout juste de déposer les 25Kg de denrées que contenait votre caddie. Eh bien, ces braves dames voient arriver de superbes machines qui détectent et scannent à l’intérieur de votre caddie l’ensemble des codes barres de vos achats, s’assurant par un calcul savant de poids total, que vous n’avez pas remplacer une bouteille d’Evian par un « Chivas » 12 ans d’âge.
Vivement demain ! avec son GIGS (groupe d’intervention des grandes surfaces)