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Les raisons qui poussèrent l’ancien président de la communauté d’agglomération de Douai à quitter ses fonctions ont fait couler beaucoup d’encre, l’élection de son successeur beaucoup moins. Durant une semaine, les tensions de la droite douaisienne entre JJ Delille, Jacques Vernier et Françoise Prouvost défrayèrent la chronique du Landerneau douaisien, l’élection de Christian Poiret n’a pas provoqué de gros remous,… dans la presse, tout au moins.

Personne ne semblait être contre la venue du maire de Lauwin-Planque, sans étiquette, donc de droite, conseiller Général et patron d’une PME de négoce en métaux à Douai, à la tête de l’institution aux règles si méconnues, qu’est la CAD.

Cette institution gère les zones industrielles, l’assainissement, les déchetterie, l’environnement et surtout récupère la taxe professionnelle sans laquelle elle ne vivrait pas (cette taxe, que veut supprimer notre président)

Cette fameuse CAD  regroupe, pour faire simple, les maires et quelques-uns de leurs adjoints triés sur leur volet (le volet du maire.), elle compte 82 élus , représentant 35 communes membres soit  157 000 habitants avec, pour l’année dernière,  près de 80 millions € de budget.

Mais attention !! Cette institution ne rend de compte à personne, puisque le commun des mortels douaisiens n’a pas le moindre droit de vote concernant la composition de cette dite CAD. N’y voyait pas là, malice de ma part, mais c’est, semble t-il, aussi là, qu’y règne le consensus permanent.

Depuis 2002 que la communauté d’agglomération existe, il n’y a pas eu l’ombre d’un nuage entre l’UMP, les communistes ou les socialistes. 2008, malgré une percée socialiste dans la seconde ville de l’arrondissement, n’a rien révolutionné et  le calme est resté rigoureusement plat et le consensus règne, permettant à la CAD de s’auto-régénérer tel le sphinx.

Le sphinx s’appellera donc désormais Poiret et il sera assisté de 21 vices présidents ( ¼ de ses membres sont VP, en effet) UMP, communistes ou socialistes confondus. Le conservatisme et la neutralité (ou neutralisation) des courants politiques sont tels que le bureau de la CAD 2009 ressemble comme deux gouttes d’eau de la Scarpe à celui que présidait Delille, en 2008.

A deux exceptions près, toutes deux PS d’ailleurs, la journée de vote du 7 mai 2009 a reconduit chacun dans ses fonctions. Les deux exceptions sont Bernard Wagon , maire de Cuincy qui laisse les chiens errants à Josianne Bridoux pour s’occuper des finances et Christian Entem qui quitte les sports nautiques pour la pierre.

Qu’un socialiste gère les finances d’une communauté UMP ne semble ici ne choquer personne ! Que la politique de la ville et l’ANRU, sous contrôle UMP, doivent côtoyer la maîtrise foncière et immobilière sous vice-présidence socialiste non plus, puisque dans ce microcosme territorialo-politique tout le monde semble être d’accord.

Etonnant non ! Comme disait Desproges. Le consensus est voulu par tous, car en étant consensuel chaque courant politique peut, via leur vice président avoir voix au chapitre, quant aux décisions prises au bureau communautaire. Le choix est discutable certes, mais défendable. Pour bloquer une décision considérée comme injuste, mieux vaut avoir un droit de vote au bureau, surtout quand on est minoritaire. La gauche représente 35 des 82 membres. En refusant l’alliance, elle se trouve par-là même en minorité et risque la sanction : n’avoir aucune vice-présidence et de ce fait devoir se contenter de voter les décisions qui, de toutes manières, seraient adoptées par la majorité des membres.

Voilà ce que donne une institution comme la CAD, un brouillage des clans et des camps et l’impression, vu de l’extérieur, pour le douaisien moyen que décidément « ils sont tous d’accord ».

Quand, pourra t-on élire nos représentants à la communauté d’agglomération ? Quand le douaisien de base pourra t-il choisir et élire son président de la CAD ? …….

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