Que penser de la déclaration de patrimoine de nos ministres et par extension, dans un avenir proche, celle de nos élus. Y aura-t-il un député, qui nous déclarera tout de go, posséder un compte aux iles Caïmans ? En sera-t-il un, qui nous avouera avoir entretenu une caisse noire et des fonds illicites pour financer telle campagne ou tel projet local ? J’en doute fort !
La première à avoir obéi aux consignes du Président de la République est Mme Carlotti, candidate socialiste (parmi d’autres) à la ville de Marseille. Je n’ai aucun doute sur le patrimoine de cette dame et, dans le même temps, je me fous de savoir si elle roule en Clio ou en Audi A8, si elle loue son appartement à Paris ou si elle en a hérité. Le problème n’est pas là ! La moralisation de la vie publique ne passe pas par ce genre de déclaration. Il serait sûrement judicieux qu’un organe de contrôle atteste bien que le patrimoine de X ou Y est conforme à l’exercice d’une charge de ministre, mais ce genre de déclaration a de quoi faire sourire, si on prend le temps de lire la déclaration de patrimoine de Jérôme Cahuzac.
A d’autre enseigne, que penser d’un ministre de la santé qui soit sous l’emprise du lobbying d’un laboratoire, ou d’un ministre de l’agriculture qui émarge au Conseil d’Administration d’un fabricant de pesticides ? La vie frugale de nos ministres peut bien cacher d’autres tares.
Le fait de rouler en 206 Peugeot, n’est en rien un gage de probité et celui de posséder 5 voitures, une preuve de corruption. On peut bien collectionner les montres de luxe ou les voitures de course. Si la personne en a les moyens, on peut juger que cette personne gagne trop, mais c’est une autre question. Convenons donc que chacun utilise son argent comme il l’entend. Là où le bât blesse c’est quand le politique utilise l’argent public pour satisfaire ces mêmes dépenses somptuaires et pas simplement pour s’acheter des cigares hors de prix ou des tailleurs aux prix pharaonique mais bien dans tous les cas où cet argent n’a pas la destination qu’on lui attribue au départ. Là où le bât blesse c’est quand un ministre utilise sa charge pour se favoriser ou favoriser un de ses amis.
Il m’étonne, qu’au final, personne ne soit capable d’énoncer des profils de postes clairs et indiscutables pour « embaucher » un ministre, alors que le CV d’un cadre dirigeant est épluché et que ce même cadre, fasse bien souvent l’objet d’une enquête approfondie, avant l’embauche.
Qu’est-ce que la probité pour un individu qui dirige un ministère ?
Pour répondre à cette question, il suffirait de prendre exemple sur nos amis nordiques. Les pays Scandinaves ont, depuis longtemps, une surveillance étroite des agissements de leurs ministres. Cette surveillance va bien plus loin qu’une simple déclaration sur l’honneur et s’exerce au quotidien…par les électeurs eux-mêmes ! Qui que ce soit peut vérifier les comptes et les dépenses de chaque ministre…en France, la pratique des fonds mis à disposition du chef de l’état comme des réserves parlementaires rend les dépenses de chacun occultes et si le parlementaire ne donne pas l’utilisation qu’il fait de ces fonds, personne ne pourra en savoir plus. C’est bien là qu’est la pierre angulaire de cette volonté morale : rendre claire et vérifiable chaque centime dépensé, chaque note de frais ou chaque financement de déplacement.
L’intégrité, la loyauté semblent être des exigences bien plus importantes à contrôler que le fait d’avoir une maison dans le Lubéron et une autre à cinq kilomètre de Paris.
L’intégrité est l’état d’une chose qui n’a pas été altérée. Concernant un homme politique, il serait utile que celui-ci n’est eu aucune condamnation dans le passé et qu’aucun soupçon ne pèse sur lui. Intégrité, loyauté, sincérité, franchise et dévouement, voilà tous les synonymes d’un homme politique, selon la définition que j’en ai.
Alors, me direz-vous, pourquoi nos hommes politiques seraient plus intègres et loyaux que la majorité de nos concitoyens ? A cela je répondrai s :
-parce qu’ils ont choisi la politique et qu’ils représentent l’image et la manière dont voudrions que notre pays soit géré.
-que ces qualificatifs sont consubstantiels à leur état d’élu et que c’est à eux d’avoir la conscience de ce qu’ils représentent.
Bien sûr la seule vertu, ne suffira pas et il sera utile de contrôler et vérifier la manière dont chaque politique use de ces fonctions et gère l’argent public que le peuple lui alloue durant son mandat. Commençons déjà par savoir ce que gagnent réellement nos ministres et parlementaires, parfois cumulards de deux à trois fonctions électives. Refusons le cumul de ces mandats et celui des fonctions.
La démocratie et la république sont l’affaire de tous, rendons les lisibles à tous.