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Tout le monde était d’accord, il fallait une imposition verte. Quand la taxe carbone est sortie des cartons du rapport Juppé-Rocard, la chose était presque entendue, la taxe carbone serait mise en place.

Oui mais…C’était sans compter sur l’imminence des élections régionales et la tendance des sortants, tous bords confondus, à brosser l’électeur dans le sens du poil. Ce qui apparaissait comme un signe de modernité et de volonté politique en juin, devenait un prétexte pour accabler un peu plus nos concitoyens par l’impôt, en septembre.

Les premiers à avoir dégainé, une fois n’est pas coutume, furent les socialistes qui alertèrent sur l’iniquité nouvelle que constituée cette taxe verte, eux préféraient un impôt.

La différence est importante, une taxe tombe dans le pot commun des recettes de l’Etat et peut donc servir à n’importe quoi, une contribution a, d’emblée, une affectation

Il est vrai, la communication gouvernementale ne fût pas bonne sur le sujet : ce qui ressortait du rapport Rocard, du point de vue de la presse, est que, pour un couple rural, le surplus financier serait de 300€ par an. Les réactions ne tardèrent donc pas à voir le jour, à gauche, mais également à droite.

A trop vouloir se rapprocher des écolos, élections européennes obligent, le gouvernement n’a pas senti le boulet de la contestation arrivé. Il fallait faire vert, la classe politique vit rouge.

Pour calmer le jeu, Fillon sembla trouver le filon en bradant le prix de la tonne de CO², accordant un rabais de 56%, pensant sûrement calmer l’opposition- de 32€, la tonne de CO² passa, dans sa récente déclaration, à…14€.

Pauvre François ! Il n’avait guère qu’une partie des écolos pour soutenir l’idée de ce nouvel impôt et le voilà en proie à l’ire de Nicolas (non, Hulot) qui fustige un prix trop bas et un impôt, du coup, inefficace. Nicolas (non, Sarkozy), vert…de rage, décide que, justement, rien n’est décidé.

Il faut l’avouer, la taxe carbone est une mesure à la con !

Imposer une taxe en période de crise, demande un peu plus qu’une opération de com (assez habituelle depuis 2007).

- une assiette trop réduite – le nucléaire et l’électrique ne sont pas taxés

- une redistribution sociale oubliée puis évaluée à la hâte

- une taxe supplémentaire alors qu’il était attendu comme remplaçant d’autres impositions.

Reconnaissons la bonne pioche des socialistes, qui pointèrent ces trois insuffisances de la mesure.

Reconnaissons que la presse tomba dans la facilité en focalisant sur les désaccords entre verts et socialistes, alors qu’il n’en était rien : chacun étant pour une imposition climat-énergie, mais avec des vues différentes à la marge.

Reconnaissons que Ségolène en fit un peu trop, comme d’hab, pour sortir la tête de l’eau après la Rochelle.

Il n’en reste pas moins vrai que l’opposition à gauche, verts, PS PG et syndicats, amena le gouvernement, et finalement Nicolas 1er , à revoir la copie de l’imposition d’une taxe supplémentaire et à réfléchir plus avant sur les modalités.

L’écologie, n’en déplaise à Daniel Cohn Bendit, peut être de gauche ou de droite et la preuve est faite que pour certains, il s’agit d’un gadget électoral pour repeindre, en vert, le capitalisme libéral et que d’autres se soucient que l’écologie soit environnementale, sociale et économique. Rappelons également que, dès 2008, Pierre Larrouturou avait proposé une aide verte aux ménages en compensation de l’imposition comme on peut le lire sur le site « nouvelle donne ».
C'est pour cela que la Fondation Hulot a proposé lors du Grenelle de l'environnement la mise en place
d'une contribution climat-énergie, c'est-à-dire d'une taxe progressivement croissante sur l'ensemble des
combustibles fossiles et, de manière différenciée, sur l'énergie non fossile. Augmenter le prix de
l'énergie de cette manière n'a pas vocation à appauvrir les ménages. Elle vise au contraire à nous
prémunir des risques sociaux et économiques d'une évolution qui ne serait pas choisie mais subie.

Pour les particuliers, nous proposons la redistribution intégrale du produit de la taxe sous forme d'une
allocation universelle climat identique pour tous. Ainsi, chaque année, tous les ménages recevront un
chèque de l'administration fiscale. Son montant serait d'environ 130 euros par ménage pour une
taxe basée la première année sur un prix du carbone à 20 euros par tonne de CO2. Cela correspond
environ à une hausse du prix du gaz de 0,5 centime par kilowattheure et de 5 centimes par litre de
carburant.

Augmenter à la fois le revenu (par l'allocation) et le prix de l'énergie fossile (par la fiscalité)

présente un double avantage : inciter les ménages à modérer de plus en plus leurs consommations
d'énergie et leur donner les moyens d'effectuer les investissements nécessaires pour consommer moins.
Ainsi le citoyen recevra ce que paye le consommateur.

La contribution climat-énergie est donc efficace au plan environnemental et équitable au plan social. Les
ménages modestes consomment en effet en valeur absolue beaucoup moins que les ménages les plus
aisés. Autrement dit, les ménages modestes seront davantage aidés, puisque leur consommation
d'énergie est moindre.

Nicolas Hulot, Dominique Bourg, Patrick Criqui, Alain
Grandjean et Jean-Marc Jancovici
Les Echos 9 juin 2008

 Nous avons donc une fiscalité verte à mettre en place, de manière réfléchie, équitable et sans approximation ou précipitation. Le gouvernement devrait oublier le terme de taxe et ne pas détourner celle-ci, comme ses prédécesseurs avaient détourné la vignette automobile, qui initialement était destinée à nos ainés. Les Français sont aujourd’hui « vents debout » face à cette mesure, mais pour peu qu’on leur explique bien les choses et l’impôt neutre que pourrait-être une contribution Climat-Energie, les 75% de « contre » fonderait comme neige en pleine canicule.

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