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Je ne participerai pas à la paranoïa socialiste qui au lendemain des européennes a vu dans le film « HOME », l’une des raisons du succès des écologistes aux dernières élections européennes. Cependant, une récente émission de Daniel Mermet « là-bas si j’y suis » m’a tout de même fait penser que nous fûmes des millions à nous faire berner par ce film éco-racoleur de Yann Arthus Bertrand; Cette tartuferie verte.

Qui est Yann Arthus Bertrand ? Un photographe versé dans l’écologie. Fils d’orfèvre, il se découvre très tôt une passion pour la photo et accessoirement pour l’écologie. Grand admirateur du Paris –Dakar, et des virées en hélicoptère, il  réalise plusieurs fois le reportage du trek automobile. Critiqué pour sa position écolo-petites fleurs, il ne verse jamais dans la critique industrielle ou la critique de l’agro-business.

Et pour cause !

J’ai vu le film de YAB avec 10 bonnes minutes de retard  et n’ai donc pas vu la présentation du film. En fait, tout est là. Il m’a fallu visionner le film sur Youtube pour le savoir.

La première image est celle d’un ciel étoilé où soudain apparaît le chiffre de 88.000. 88.000 collaborateurs du groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute) le numéro 1 du luxe français. Suivent ensuite une farandole de marques, celles du groupe PPR – Gucchi, Redcats, Balenciaga…. Qui se joignent en un balai pour former le titre du film : « HOME ».

 

Nom de Dieu ! Qu’est-ce qu’un film sur l’écologie a besoin de l’industrie du luxe ?
Seconde question : qu’est-ce que le fils du père Pinault a à voir avec l’écologie ?
Cet homme qui fit sa première fortune en spéculant sur le sucre et qui se rapprocha de la droite version frontiste dès les années 70 est-il écolo? Sa biographie ne laisse rien penser de tout cela et  viendrait même confirmer le contraire.

Alors quoi ? La réponse donnée ici convient aux deux questions posées.

Sur les 12 millions d’euros qu’a coûté le film, dix viennent de PPR. Cela explique une introduction du film assortie d’une publicit appuyée pour les marques vendues par le groupe. De plus, le fils Pinault aidé en cela par Besson (non ! Pas le félon socialiste) Luc Besson, dont les films « Taxi » montre certainement une vision écolo de la voiture au XXI ième siècle, ont persuadé JL Borloo d’en faire un film de propagande écolo.

Car, il ne vous a pas échappé que le film est gratuit et très largement diffusé dans les écoles et a été même sponsorisé par les préfectures de France et de Navarre.

L’argent public au service de la cause industrielle du luxe version verte. Juste retour de bâton quand on sait que Papa Pinault est l’Ami avec un A majuscule de Chirac, De Villepin et de notre bon Nicolas.

La presse presque unanime se déchaîne pour vanter les mérites du film de Yann Arthus-Bertrand passant en « première mondiale » sur France 2, sur Internet, dans les cinémas de 127 pays et aussi, parait-il, sur 65 chaînes de télévision du monde pour célébrer la journée mondiale de l’environnement. Pour son plaidoyer de belles images, comme d’habitude chez ce « nouvel écologiste », comme dans sa « Terre vue du ciel », il oublie tout simplement l’homme, les hommes ; il ne dénonce rien si ce n’est l’exploitation du pétrole par l’homme : sorte de pêché originel nouvelle version. En revanche aucune critique sur les causes réelles et qui ne se limitent pas au seul pétrole, du réchauffement climatique (rapacité industrielle, agro-business et lâcheté politique, asservissement libérale au capitalisme mondialisé).

Ce photographe a trouvé un filon lui ayant rapporté (pour le livre tiré du premier film) prés de 6 millions de droits d’auteur, sans compter les produits dérivés. Pour le plus gros coup de sa carrière, le film « Home » ,il a mobilisé des banques, des villes, des chaînes de télé et le mécène François-Henri Pinault qui dirige le groupe PPR fondé par son père François Pinault considéré comme la plus grande fortune d’Europe. Pour mémoire, le groupe PPR c’est Le Printemps, Gucci, Puma, Yves Saint-Laurent, Boucheron, Balenciaga, etc. Des babioles auxquelles il faut ajouter Conforama (800 licenciements), la Fnac (400 licenciements) et la Redoute (670 licenciements). De quoi dégager, sur un chiffre d’affaires de 3380 millions d’euros, quelques économies pour payer le film de Yann Arthus-Bertrand. Lequel court d’un média à l’autre pour nous expliquer qu’il a travaillé à l’œil, qu’il n’en tirera aucun bénéfice. De quoi faire sangloter dans les chaumières devant une telle abnégation ! En attendant le livre et le CD…

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