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Que fait-on du pouvoir, une fois qu’il est acquis ? Beaucoup pensent au poste et aux honneurs qu’il procure avant  d’évaluer la  difficulté de la fonction et les déboires qu’elle recèle.

Diriger est un problème. Mener à bien une entreprise, un service, une administration constitue une difficulté à résoudre, plus qu’un aboutissement et cette résolution peut se réaliser de deux manières différentes :

En s’appuyant sur les compétences de ses collaborateurs, par exemple et leur déléguer une partie de son propre pouvoir. Faire confiance à l ‘équipe avec laquelle on travaille de manière « collaborative »

Au sein d’une organisation quelle qu’elle soit, on pourra ainsi créer des groupes plus ou moins informels qui puissent avoir la liberté suffisante de  travailler ensemble et sortir du cadre. On pourrait appeler ce genre de management, participatif, « collaboratif » et peu intrusif de la part du chef.

Cette méthode de gouvernement, pour mener à bien un programme, demande de la part de son « chef », une bonne dose d’humilité et sa faculté à reconnaître qu’il ne peut, seul, maîtriser tous les sujets qui se posent à lui.

Mais le chef peut également estimer, qu’ayant réfléchi longuement aux diverses questions qui se posaient à lui, il est le seul à avoir la solution. Dans ce type d’organisation, ceux qui ne le suivent pas sont des idiots, dans le meilleur des cas, des traîtres au  pire. Dans ce type de pouvoir dirigiste le terme de collaborateur ne s’entend pour le chef que comme synonyme de subordonné et  chacun doit suivre la ligne (souvent très peu claire) que le chef a choisi !

Il est acquis qu’un chef puisse seul prendre des décisions pour arbitrer ou trancher, mais il devrait se garder de décider sur des facteurs plus subjectifs tels que le favoritisme ou le clientélisme.

Combien de personnes restent aujourd’hui ancrées dans la certitude qu’il emploie la bonne méthode et qui, par conséquent  n’entendent  pas qu’on vienne quelque peu écorner leurs plans ? Suivant cette logique, qu’il s’agisse de chefs d’Etat ou de caciques locaux, beaucoup aujourd’hui pensent d’abord à leur réélection et à la meilleure stratégie  pour y arriver, avant de se charger de leurs   administrés.

Lorsque le pouvoir souhaite s’inscrire dans le temps, il est rarement démocratique dans son essence et souvent coupé de sa base électorale au fur et à mesure que le temps passe. Le  pouvoir ne vaut que s’il a en face de lui suffisamment de contre-pouvoirs pour continuer le combat de la liberté et non devenir le seul et unique recours

  Loi d’airain du pouvoir qui de nomination démocratique se transforme souvent en oligarchie quand ce n’est pas en autocratie, comme aujourd’hui l’exemple nous en est donné, au plus haut.

« Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir ».

Cette citation de Nietzsche en dit long sur l’alchimie du pouvoir qui métamorphose fréquemment ceux qui l’ont,  mais qui aussi  avilit, parfois, la masse des gens  qui admirent et  craignent celui qui le possède, qu’il s’agisse de la cour du roi, jadis,  la nomenklatura soviétique ou les jeunesses hitlériennes, hier.

La preuve en est dans la citation suivante, qu’un dictateur puisse lucidement exprimer son impuissance, sans obligatoirement en tirer les leçons qui s’imposeraient.

« Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir, ils survivent rarement » Fidel Castro

 

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