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Signe de nos temps réactionnaires, on voudrait faire passer une croyance religieuse pour une tradition ancestrale.

Noël, tel qu’on le vit aujourd’hui a été durant des siècles une fête païenne liée au passage de l’hiver. La bûche était à l’origine une vraie buche de bois que l’on mettait dans l’âtre au moment de la veillée au jour du 24 décembre et qui devait durer sans s’éteindre jusqu’au jour de l’an. Quant au sapin, comme le gui et le houx, il représente simplement la verdure persistante malgré le froid et l’hiver et la continuité de la vie au moment où la nature est en sommeil et tout semble mort.

Quelques siècles plus tard, le christianisme nous a collé sur ces festivités païennes et agricoles, la naissance du petit Jésus avec le bourricot et le bœuf, Marie, Joseph et le marmot, suivi de tous les représentants de commerce de l’époque (les rois mages) qui arriveront à l’épiphanie (autre fête païenne d’origine). Symbolique de cette christianisation d’une fête païenne d’origine, la crèche. Grandeur nature ou à une échelle plus petite, celle-ci était reconstituée dans chaque église, pour que les bougres qui se rendaient à la messe de minuit, n’oublient pas de prier et de donner l’obole aux pauvres hères, avant d’aller se goinfrer au château.

Quelques siècles encore plus tard, Coca Cola, dans un but clairement marketing nous transformait St Nicolas en Père Noël et nous coller le village au Pôle Nord semble oublier de nous envoyait vers d’autres églises : les supermarchés.

Qu’en 2014, certains maires UMPFN transforme les maisons du peuple en chapelle, avec exposition d’une crèche de 2 mètres sur 4, entre le service état-civil et le service élections, et revendiquent les traditions de Noël, c’est se foutre un peu de la gueule du monde. La mairie est un lieu administratif issu de la Révolution Française et de la République, n’en déplaise aux cathos traditionnels, c’est un lieu qui doit garder d’une neutralité stricte vis-à-vis de toute manifestation religieuse.

Très tolérants à la transgression des principes laïcs lorsqu’il s’agit de faire du prosélytisme catholique, ces mêmes traditionalistes hurlent à l’islamisation lorsqu’une poignée de musulmans fêtent l’Aïd. Portés à tolérer que Civitas prie dans les rues, ils voient comme un quasi-attentat que des musulmans fassent de mêmes en l’absence de lieux de culte suffisants.

Voilà bien une dérive réactionnaire qui voudrait qu’une fête religieuse entre dans nos traditions judéo-chrétiennes occidentales et que l’État, via ses édiles, affirme une religion dominante en exposant une crèche dans l’enceinte de la mairie.

Le précédent que créé le tribunal administratif en admettant la crèche de la ville de Melun risque de banaliser ce qui devrait représenter un signe d’intolérance religieuse manifeste.

Nous montrerions nous aussi débiles que les autres fanatiques religieux à vouloir imposer nos rites et coutumes à l’encontre de la plus élémentaire tolérance ?

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