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L’approche d’une élection présidentielle réputée imperdable (comme d’ailleurs celle de 2007), c'est laisser penser que, quoi que dise le PS, les Français, rincés par la politique de
Pov’con, voteront socialiste.
Voilà bien longtemps que le PS n’est plus un parti de « combattants » et qu’il a versé, comme d’autres, dans un establishment, où les élus, à quelque niveau qu’ils soient, veulent avant tout- et
même contre tout- conserver leur place et asseoir leur pouvoir.
Comment, en effet, admettre que des dirigeants du parti soient en poste et mis en examen ? Comment peut-on imaginé que des barons locaux s’opposent à la direction nationale sur les
résultats d’un référendum militant?
Quel est donc ce parti installé dans chaque département, chaque région et en responsabilité dans de nombreuses grandes villes qui cultive l’art de l’esquive et du renoncement quand il
s’agit de défendre les acquis sociaux et qui hésite à proposer un autre modèle de développement que le bon vieux capitalisme?
Si on peut envisager une rupture prochaine, les ruptures qui eurent lieu au PS jadis, sont nombreuses.
1983/84 et le début de la rigueur : l’abandon de la détermination en matière d’économie de la génération Mitterrand ! Certes, les temps étaient durs pour le socialisme : Thatcher et Reagan menés
le monde, mais le renoncement n’en fut pas moins durement ressenti par le peuple de gauche.
Les années 90 ensuite, avec l’arrivée de Tapie au gouvernement comme ministre en même temps que président de club de foot et entrepreneur…. et au final le suicide de Bérégovoy…la gauche
socialiste y perd son âme et les Français leur intérêt pour un PS devenu gestionnaire. Les législatives de 1993 seront catastrophiques.
Le traité européen enfin, où la base vote à l’inverse des élites et où le PS perd définitivement pied auprès des classes populaires.
Si, à cela on ajoute la guerre originelle que se sont toujours livrée aile réformatrice et aile transformatrice, on peut penser le PS est en bien délicate situation pour convaincre en
2012.
Regardons donc :
En 2007, Royal jaillit du PS comme un diable prenant de court les éléphants. Certaines de ses idées sont originales mais le bricolage sous-jacent finira par apparaitre au grand jour. Vexés les
éléphants feront tout ce qui est en leur pouvoir pour lui savonner la planche. L’élection imperdable échappe avec un différentiel de 6 points contre le PS.
En 2008, le congrès du PS est un fiasco démocratique. Martine Aubry est élue avec une poignée de voix d’avance sur sa concurrente, Royal. Qui l’a véritablement emporté, peu importe, le résultat
reste pitoyable d’un PS qui s’autodétruit entre réformistes et pseudo-transformateurs ou plutôt entre les barons montants sans idées- force et les barons déclinants regardant d’un œil les années
anciennes de Mitterrand et de l’autre la nouveauté d’une transformation sociale et écologique possible.
Les conservateurs et les progressistes sont tellement enchevêtrés dans les myriades de mouvements et chapelles (nouvelle gauche, désir d’avenir, NPS….) qu’aucun mouvement transformateur n’arrive
à entrainer les classes populaires.
Le vote des primaires consacrera, le candidat le moins charismatique et le plus rond et malléable des candidats. Le travail mis en place de 2009 à 2011, qui sans nul doute visait la
transformation du PS, sera remis en cause par une gauche que l’on sent ô combien timide, celle de Manuel Valls, actuel chargé de communication, Ségolène Royal, dont on sent l’importance
grandissante à l’avenir (alors que son score, aux primaires, fut lamentable) et Arnaud Montebourg dont on peut penser parfois que la volonté d’être original l’emporte sur la réflexion.
De l’accord à gauche qui semblait poindre, avec Martine Aubry, entre EELV, le PCF et peut-être bien le Parti de Gauche, nous en sommes arrivés à une cacophonie où chacun essaye de torpiller
Hollande pour s’assurer un score honorable et rentrer dans ses frais de campagne.
La France de gauche, dans cette histoire a choisi bien mal. Trois millions de votants ont adoubé Hollande. Les primaires furent-elles vraiment une bonne idée. Etant donné la décomposition de la
gauche, la tendance ne pouvait être que la frilosité centriste plutôt que l’aventure transformatrice. Les Français ne sont pas de gauche… et d’autant moins quand aucun « chef » ne se dégage de
ses rangs. La victoire socialiste de 1981 a été celle d’un homme avant d’être celle de la gauche. Le mouvement social qui vint après, les victoires sociales qui furent arrachées aux patrons,
n’eurent lieu, que parce que, le peuple se savait protégé, par son chef d’Etat.
Qu’en sera-t-il en 2012 ? Aura-t-on cette même protection en la personne de François Hollande qui, déjà en 2011, semble lorgner sur l’ex-UDF plutôt que de bâtir une force
écolo-transformatrice ? Bâtirons-nous cette société d’a-croissance (au sens où l’entendent certains économistes comme Jean Gadrey) et de justice sociale et économique, en pouvant compter sur la
bienveillance d’un pouvoir socialiste ? Aurons-nous le chef d’Etat capable d’emporter l’adhésion des peuples européens vers une politique autre que celle des financiers et des marchands ?
Je n’ai pas la réponse, mais je me pose de plus en plus les questions.
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