Méluche ou guimauve le conquérant ?
J’avoue hésiter ! Non que j’imagine Mélenchon arrivant au second tour de l’élection présidentielle, mais j’hésite à suivre un homme trop mou et trop consensuel, un homme qui durant 10 ans a œuvré aux destinées du PS, avec, somme toute, bien peu de résultats.
Déjà, à l’époque où il dirigeait le parti socialiste, FH me paraissait être un partisan du laisser-faire plutôt qu’une personnalité charismatique. J’en avais même conçu un certain agacement et opté pour Emmanuelli au moment du congrès qui précéda celui de Reims. En 2008, j’avais soutenu Benoit Hamon et depuis, je n’ai pas varié, considérant que le PS avec Martine Aubry semblait être sur la voie de la convalescence et peut-être même sur celle de la guérison, après une fièvre social- démocrate.
Je me rappelle, aujourd’hui, la remarque qu’on nous avait faite alors, à l’époque de la scission PS/PG. Un éminent cadre du nouveau PG (son co-fondateur, pour tout dire) nous avait laissé entendre qu’on y viendrait, un jour ou l’autre et que si, il trouvait légitime de s’accrocher aux dernières lueurs d’un PS de transformation, puisque Benoit en était le porte-parole, l’équilibre des forces au sein du PS pronostiquait un basculement vers la social-démocratie à la Schröder ou à la Prodi ou Zapatero.
Aujourd’hui, deux ans après le congrès de Reims, tout laisse à penser que l’avertissement était sensé.
Que s’est-il donc passé depuis les primaires d’octobre ? Martine, qui avait œuvré pour rapprocher le PS des autres formations de gauche, semblait me donner, nous donner, raison de s’être ainsi accrochés aux derniers espoirs. Deux mois et demi plus tard, le capital de sympathie pour ce PS convalescent semble avoir fondu comme la neige sous l’effet d’un hiver trop doux. De l’engouement des primaires, l’opinion semble être passée à l’attente désespérée d’un second souffle de campagne : le candidat normal devenait un candidat banal, impossible à clairement distinguer d’un Bayrou plus anti-sarkozyste que jamais.
Le nucléaire ? On réduira un peu…. quoique.
La politique de relance ? oui…si on réduit drastiquement les déficits de l’Etat
La sixième république ?..................euh !
Même la réforme fiscale, pourtant le cheval de bataille Hollandiste, semble se perdre dans des considérations aussi chiffrées que nébuleuses ! Rien ! Rien de rien.
Alors que faire ? Lâcher un grand parti qui détient le pouvoir localement, quasiment partout au niveau national et majoritaire au Sénat...pour rejoindre une formation encore embryonnaire ? Rompre avec un parti d’élus confortablement installés et qui ne pensent plus qu’à leur maintien aux postes acquis ?
Rejoindre celui qui affirme « Nous, on peut » et qui réclame « Qu’ils s’en aillent tous » pour mener à bien une révolution citoyenne. Le choix est Cornélien !
Méluche a-t-il raison trop tôt ou bien l’espoir de voir le PS transformer cette société est-il déjà une illusion perdue ?