On se demandait comment le gouvernement et le président allaient se sortir de l’ornière Woerth Bettencourt dans laquelle ils commençaient à s’embourber. On attendait, une voie de sortie par la « justice » avec une « Courroye » de transmission à la tête de l’affaire, on envisageait que le blanchiment de notre ministre du travail se ferait quasi-naturellement et que le rapport de IGF n’était que la première pierre de la forteresse qui se construisait au sein de l’UMP pour défendre Eric, eh bien, pas du tout !
On avait oublié la bonne vieille recette Sarkozienne, tant et tant utilisée, qu’elle en paraissait éculée jusqu’à la corde : la politique sécuritaire.
Pour éteindre l’incendie, l’UMP avait bien essayé le déni, le bouc émissaire et était même allé jusqu’à planifier un remaniement ministériel 4 mois avant, mais rien n’y avait fait. L’affaire enflait et chaque jour une révélation venait relancer l’interrogation sur le financement de la campagne de 2007, on tournait en rond. Ni les démissions concertées de Joyandet et Blanc, ni l’attaque des médias n’avaient détourné l’opinion publique ; il fallait agir vite et fort !
Quoi de mieux qu’une émeute de quartier ? Une bonne vieille piqure de rappel des évènements de 2005, pour détourner l’attention de ces empêcheurs de tricher en rond.
Trouver une origine viable à l’émeute était un jeu d’enfant, chauffer un quartier jusqu’à l’embrasement était à la portée du premier ministre de l’intérieur venu…Comment n’y avions nous pas penser plus tôt !
Affirmer que Hortefeux, lui-même est à l’origine de ces évènements serait affirmer sans preuve, mais penser qu’on ait sauté sur l’occasion pour retrouver un reflexe sécuritaire n’est peut-être pas dénué de tout fondement. Que ce soit à Grenoble ou à Saint Aignan, le reflexe fut bien de transformer les quartiers en ébullition en sièges militaires. CRS, GIPN et même l’armée prennent position dans la ville, avec renfort d’hélicoptères et de caméras thermiques…il ne manque plus que les chars et on se refait Prague ou Budapest.
En pleine période estivale, était-il utile de détourner l’attention de cette manière, l’avenir nous dira si la diversion a fonctionné comme prévu, mais déjà les voix s’élèvent pour critiquer ce type de guérilla provoquée et cette manière systématique de régler des phénomènes qui se reproduisent à espace régulier. Cela étant, la reprise en main élyséenne de la sécurité est patente. Nomination d’un Monsieur sécurité à la droite de notre caudillo, ce qui relègue la fonction ministérielle au second plan et fait passer Brice pour un « Hortefeux de paille » et communication télévisée où la moindre voiture brulée donne droit à 5 minutes d’antenne sur TF1.
L’opinion publique, occupée à monter la tente et chausser les tongs, est-elle dupe pour autant…rien n’est moins sûr ! Les Français regardent toujours ce que nos prestidigitateurs gouvernementaux nous concoctent sur la rigueur honteuse qui se planifie et restent inquiets des mêmes sujets : pouvoir d’achat, chômage et retraite. Que restera t-il en septembre de cette publicité sécuritaire et de cette politique du coup de menton ? Peut-être rien ! Et cette flambée violente hors norme, puisqu’il s’agit à Grenoble d’une émeute suite à la mort d’un malfrat reconnu, risque peut-être comme en Isère de susciter plus de sympathie et de compréhension pour le criminel que pour ceux qui firent honnêtement leur travail de policier.
Bon nombre de nos concitoyens commencent à envisager une action collective forte pour enfin pouvoir eux-mêmes juguler les scandaleuses remises en cause du droit du travail et la complicité du gouvernement à vouloir tondre le mouton alors même que la laine n’y pousse plus. La rentrée risque d’être chaude-brûlante voire insurrectionnelle ce qui ne présage rien de bon face à un gouvernement qui n’attend qu’une étincelle pour asseoir encore un peu plus la politique de surveillance sociale et de répression aveugle.