Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 17:05

Comment contrer Marine Le Pen ?

 Je doute que nos communicateurs et autres conseillers en image aient vraiment réfléchi à la question, et plus grave, je pense également qu’aucun de nos hommes politiques n’y a pensé non plus. Encore une fois, on ignore ce qui dérange et vous les entendrez souvent se lamenter de l’attrait qu’a notre Eva Braun, sur les « masses populaires » mais ne jamais y déceler un point de contradiction pour que ces mêmes classes laborieuses se détournent définitivement de la politique réactionnaire et anti-démocratique du FN. Si demain, Marine fait moins que les 20% annoncés et promis à chaque sondage, on le devra plus à la compréhension des votants potentiels que son programme économique est nul et inapplicable qu’au fait d’avoir été convaincu par les autres candidats.

Ainsi, pour l’UMP, principal concerné pour les élections à venir, le FN constitue à la fois une réserve de voix et un risque : celui de se voir doublé dès le premier tour par « la fille ». l’UMP a tellement flirté avec les thèses extrémistes qu’il semble écartelé aujourd’hui, entre ceux, réactionnaires, qui verraient d’un bon œil que Nicolas et Marine s’allient et ceux qui ont conservé leur âme de conservateur et qui juge la fille « aussi pire » que le père. Nicolas lui-même, qui n’en est pas à une schizophrénie près, oscille entre séduction et répulsion, ce qui lui a valu, d’ailleurs, les scissions avec Borloo et le nouveau centre de l’ineffable Morin. Que penser, en effet de la nomination de Guéant ,  des débats, lois et décrets iniques sur l’identité nationale ou encore les rafles à la sortie des écoles ou la chasse aux Roms, si ce n’est tenter, pour le chef de l’Etat de raccrocher le wagon FN au train UMP. Problème en se renforçant à droite, Sarko se découvre à « gauche » et compte les pertes dans son camp même.

Pour le PS, l’histoire est peut-être pire encore. Assuré d’être au second tour, ne serait que par l’ampleur de la vague anti-sarko qui ne cessent d’enfler, il a eu tendance à oublier quelque peu le monde ouvrier dans son bagage programmatique. Suivant ainsi les prescriptions et analyses de son thing-tank préféré-Terra Nova- Hollande semble ignorer les exclus et les victimes de la crise pour ne se concentrer que sur les classes moyennes. Les précarités diverses semblent ne guère être prises en compte dans les 60 propositions du candidat socialiste. Parle-t-on des temps partiels contraints, des 35 heures, de l’abrogation du RSA, de la retraite à 60 ans avec prise en compte de la pénibilité, du chômage de masse et de l’aide nécessaire aux plus démunis ? Pensez donc, on ignore !

On laisse le soin à d’autres de passer pour de dépensiers impénitents et à d’autres encore l’idée d’une société transformée par l’action politique. Et c’est bien cela qu’incarne aujourd’hui le FN : la transformation de notre société ! Bien sûr, non dans le sens où le souhaiterait un parti de gauche, mais ne nous y trompons pas, le discours de la fille est de loin le plus révolutionnaire qui soit – révolution nationale et nationaliste, peut-être mais révolutionnaire tout de même ! Et pour des exclus et des personnes qui ne croient plus en rien si ce n’est en la désignation d’un bouc émissaire, le programme FN fait mouche. Pour Marine, les dangers sont simples : les immigrés qui viennent en France se gaver d’allocations, la mondialisation qui nous fait perdre notre suprématie et indépendance nationale et l’Europe qui nous conduit avec l’Euro droit à la faillite. Pour des personnes persuadées que le vol de leur portable est dû à un bougnoul, que l’islam est l’Armageddon  de  demain et qu’il envahit la terre et qu’enfin l’Europe ne sait qu’augmenter les taxes et les chicaneries avec le dessein secret de rayer la patrie Française de la carte des Etats Unis d’Europe, vous avez là une porte béante vers les thèses FN.

Qu’aurait donc bien pu faire le PS, pour enrayer ce vote du désespoir, pour guider ces pauvres gens fatigués (parce que souvent victimes) des réformes depuis 15 ans ? Qu’aurait-il dû proposer ?

Une révolution lui aussi ! Une transformation radicale de notre société de consommation, productiviste et inégalitaire !

Une révolution dans le secteur nucléaire et technologique de l’énergie en ayant des objectifs ambitieux quant aux énergies renouvelables. Plutôt que de tergiverser sur la part en pourcentage du nucléaire

Une révolution hardie du temps de travail et des rapports employeurs-employé, sous-traitants donneurs d’ordre. En un mot, une révolution économique qui mette en avant une économie réelle au détriment d’une économie financiarisée, plutôt que de se contenter d’une « revolutionnette » fiscale, certes utile mais au final bien timide.

Une révolution sociale enfin, en suivant les conseils qu’il avait lui-même édicté dans sa convention « égalité réelle », plutôt que d’en avoir oublié jusqu’à l’esprit, dans le programme du candidat, se contentant simplement une gestion de crise, certes plus énergique que celle de notre caudillo actuel, mais encore et toujours, une simple gestion différente.

Voila sûrement ce qui aurait détourné les classes populaires des thèses régressives du FN et qui aurait porté en son sein, les mouvements sociaux à venir, comme ce fut le cas en 1981, en 1936 ou en 1946. La gauche devrait le savoir, elle n’arrivera durablement au pouvoir qu’avec un part d’espoir dans son programme. Elle a démontré, par le passé,  qu’elle était capable de bonne gestion, elle doit démontré maintenant qu’elle peut allier à cette « règle d’or » budgétaire un espoir de transformation de notre société ; force est de constaté cette absence dans son programme de 2012.

Par le militant de Sin
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 18:32

Camarades,

Il ne vous a pas échappé que mon blog n’est plus référencé sur le site de la section locale du PS. Je n’en nourris pas de haine particulière, mais j’apprécie peu qu’on m’élimine sans m’avoir, pour le moins, demandé mon avis et/ou m’avoir simplement averti.

Mes écrits qui ne reflétaient strictement que mes opinions personnelles semblent gêner certains. Qu’à cela ne tienne, je peux encore écrire et désormais avec d’autant plus de liberté que je n’aurai même plus de vigilance morale à tenir vis-à-vis des idées dominantes du PS.

Pour ceux qui me lisent, il leur est familier de me voir fustiger et critiquer les positions du PS quand je les juge digne de contestation et plus généralement affirmer mes idées sans me soucier de ce qui doit être dit quand on est adhérent.

Ma position ne vous a pas échappé, je goûte assez peu la social-démocratie qui s’installe au sein de notre parti et ma position vis-à-vis de François Hollande n’est pas des plus enthousiastes. J’ai cru, un moment, qu’avec Martine Aubry, le socialisme reprenait sa couleur rouge, mais deux tours de primaires plus loin, force est de constater que le rose pâlit de jour en jour. Trois millions de Français ont préféré Hollande, j’en prends acte mais préférant le débat d’idées aux contorsions électoralistes, je m’en tiens toujours à mes idées.

Je ne défends que ce, ou ceux, qui me paraissent juste(s). Je ne brigue aucun poste pour l’instant et je conçois mal qu’on puisse me prêter des intentions que je n’ai pas. Je refuse toute caporalisation et n’entends me soumettre à aucun diktat.

Je vous remercie, en tout cas de continuer à me lire et sachez, qu’en bas de chaque « article », il y a  une possibilité de commentaire – n’hésitez pas !

Comme le disait la citation de François Mitterrand sur  notre site avant d’avoir subi un toilettage pro-présidentiel : « On devient Socialiste lorsqu'on prend conscience de l'Injustice. On adhère au Parti Socialiste lorsqu'on décide de changer l'ordre des choses ».

Que fait-on, alors, quand l’injustice s’insinue au cœur même d’une section ?

Par le militant de Sin
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 11:22

Je n’y étais pas ! J’avais hésité un moment, mais au final, je me suis refusé à me taper 4 heures de bus pour un grand raout militant.

Il parait que la prestation valait le déplacement : Hollande the winner ! Eh bien tant pis, j’aurai loupé ça.

Ce qui me rassure, c’est que François ait réussi à galvaniser les foules et qu’il soit entré dans le personnage ’à grand renfort de communication et de film façon show à l’amerloque : grand angle sur la foule, réactions joyeuses des lieutenants et si possible une larme à l’œil (ça on verra au montage)

Hollande est à gauche…en tous les cas c’est ce qu’il a affirmé et c’est ce que les médias semblent en avoir retenu.

Ouf ! ça y est, on nous l’a vendu ! Ca y est, la campagne électorale peut commencer : les porte à porteur et les tracteurs sont convaincu…que dis-je galvanisés.

 

Mais la prestation passée, on nous annonce une seconde étape, un second grand oral, ce jeudi François s’affronte à Juppé. Fini les effets de manches et les envolées lyriques du tribun mobilisant ce qui souhaitent être mobilisés ; Jeudi, on parle de sous : chiffrages, statistiques et autre triple A.

C’est une tendance lourde chez nos politiques depuis maintenant 10-15 ans : on convainc les foules avec des chiffres.

Crédibilité ; le fait de prévoir l’imprévisible et d’avancer des chiffres pour les années à venir semble être suffisant, mais nécessaire, pour que des millions d’électeurs, maitrisant à peine la règle de trois, se ruent dans les isoloirs pour adouber le nouveau champion.

 Les idées ? Quelles idées ?! Mitterrand avait raison quand il déclarait qu’après lui, il n’y aurait plus à l’Elysée que des comptables. Des comptables amnésiques, surtout, qui déclareront  dans deux ans  le contraire de ce qu’ils disent aujourd’hui.

Abordez donc la répartition des richesses et on vous répondra PIB, abordez la question des nos ainés et on vous sort le dernier tableau chiffré sur le coût de la dépendance et les avantages fiscaux liés à l’aide à domicile. Des chiffres !!! Bordel, des chiffres.  On est passé de l’économie à l’économétrie et aux mathématiques financières. On nous parle de social à travers la nécessaire rentabilité (euh, non optimisation) des dépenses de santé, de la nécessaire autonomie des établissements de santé ou d’éducation. Vous parlez « individus », ils répondent « esprit d’entreprise ».

Les idées c’est du passé ! Les utopies ne rentrent pas dans un tableau à double entrées. La réalité impossible à chiffrer est donc hors programme.

Prenez l’exemple du nucléaire…Fukushima  ne rentrait pas dans les modèles et schémas de ceux qui prévoient les catastrophes nucléaires : rendez-vous compte un séisme aussi fort suivi d’un tsunami dévastateur, dans un pays qui compte l’un et l’autre par dizaine tous les trente ans, impossible à prévoir ?…. Ce qui n’est pas prévisible n’existe pas…il faut bien que nos politiques aient une porte de sortie, tout de même!

 

Par le militant de Sin
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 14:44

Méluche ou guimauve le conquérant ?

J’avoue hésiter ! Non que j’imagine Mélenchon arrivant au second tour de l’élection présidentielle, mais j’hésite à suivre un homme trop mou et trop consensuel, un homme qui durant 10 ans a œuvré aux destinées du PS, avec, somme toute, bien peu de résultats.

 Déjà, à l’époque où il dirigeait le parti socialiste, FH me paraissait être un partisan du laisser-faire plutôt qu’une personnalité charismatique. J’en avais même conçu un certain agacement et opté pour Emmanuelli au moment du congrès qui précéda celui de Reims. En 2008, j’avais soutenu Benoit Hamon et depuis, je n’ai pas varié, considérant que le PS avec Martine Aubry semblait être sur la voie de la convalescence et peut-être même sur celle de la guérison, après une fièvre social- démocrate.

 Je me rappelle, aujourd’hui,  la remarque qu’on nous avait faite alors, à l’époque de la scission PS/PG. Un éminent cadre du nouveau PG (son co-fondateur, pour tout dire) nous avait laissé entendre qu’on y viendrait, un jour ou l’autre et que si, il trouvait légitime de s’accrocher aux dernières lueurs d’un PS de transformation, puisque Benoit en était le porte-parole, l’équilibre des forces au sein du PS pronostiquait un basculement vers la social-démocratie à la Schröder ou à la Prodi ou Zapatero.

Aujourd’hui, deux ans après le congrès de Reims, tout laisse à penser que l’avertissement était sensé.

 Que s’est-il donc passé depuis les primaires d’octobre ? Martine, qui avait œuvré pour rapprocher le PS des autres formations de gauche, semblait me donner, nous donner, raison de s’être ainsi accrochés aux derniers espoirs. Deux mois et demi plus tard, le capital de sympathie pour ce PS convalescent semble avoir fondu comme la neige sous l’effet d’un hiver trop doux. De l’engouement des primaires, l’opinion semble être passée à l’attente désespérée d’un second souffle de campagne : le candidat normal devenait un candidat banal, impossible à clairement distinguer d’un Bayrou plus anti-sarkozyste que jamais.

Le nucléaire ? On réduira un peu…. quoique.  

La politique de relance ? oui…si on réduit drastiquement les déficits de l’Etat

La sixième république ?..................euh !

Même la réforme fiscale, pourtant le cheval de bataille Hollandiste, semble se perdre dans des considérations aussi chiffrées que nébuleuses ! Rien ! Rien de rien.

Alors que faire ? Lâcher un grand parti qui détient le pouvoir localement, quasiment partout au niveau national et majoritaire au Sénat...pour rejoindre une formation encore embryonnaire ? Rompre avec un parti d’élus confortablement installés et qui ne pensent plus qu’à leur maintien aux postes acquis ?

Rejoindre celui qui affirme « Nous, on peut » et qui réclame « Qu’ils s’en aillent tous » pour mener à bien une révolution citoyenne. Le choix est Cornélien !

Méluche a-t-il raison trop tôt ou bien l’espoir de voir le PS transformer cette société est-il déjà une illusion perdue ?  

Par le militant de Sin
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 10:56

A la vache….une guerre, rien que ça !

Moi qui écrivais, il y a peu que la campagne restait plutôt atone, insipide, sans odeur ni saveur, j’avoue avoir été surpris d’être si vite entendu par le 3ème personnage de l’Etat.

Il semble qu’on en soit revenu aux années 60, au moment où on représentait le PCF comme un dément avec le couteau entre les dents.

 Notre classe dominante, celle qui suce le sang de nos PME et des salariés en leur soutirant régulièrement jusqu’à 15% de rémunération d’actions, serait peut-être bien inspirée d’ouvrir les yeux pour s’apercevoir que Neuilly n’est pas la France et que le Fouquet’s n’est pas un troquet populaire où les employés de bureau viennent déjeuner, sur le pouce, le midi.

Un tel aveuglement n’en est pas pour autant significatif d’une France coupée en deux où l’immense majorité est soupçonnée de fainéantise en comparaison du décile le plus riche, qui garde chevillé au corps, l’esprit d’entreprise et le goût de la compétition internationale.

Le cynisme de ses dominants qui pour la plupart n’ont jamais travaillé mais tirent leurs subsides de l’activité des autres, est révoltant. La maxime de notre nabot national a sûrement du être mal orthographiée « Faire travailler plus pour gagner plus » devait être le leitmotiv original, tant on voit qu’à côté de 5 millions de chômeurs, ceux qui continuent à travailler sont pressés, pressurisés, pour faire toujours plus et mieux avec un salaire dont la tendance est plutôt à se rapprocher du seuil de pauvreté.

Salariés pauvres, cette expression renvoie non à une crise économique mais à une méthode d’exploitation. Cela ne renvoie pas à un déséquilibre temporaire dû à un quelconque bouleversement économique, mais bien à une volonté délibérée d’une classe dominante décomplexée dans l’exploitation des classes populaire et moyenne. Le riche est devenu roi !  

Je ne saurais trop conseiller  la vision du film « la fin de la pauvreté ? » qui nous donne le point de départ et le déroulé historique de ce qu’a été, et est toujours, cette féodalité d’une classe possédante sur notre planète.

La guerre, pour en revenir aux propos de notre Nanard de l’Assemblée Nationale, est une réalité…depuis la découverte de l’Amérique et le début de l’exploitation capitaliste. Elle a commencé par la première de ses phases : celle de l’accumulation des richesses. La déclaration de guerre s’est faite à cette date, et depuis bien des batailles ont été gagnées depuis, par ce cancer économique capitaliste, qui toucha tous les continents. Ce fut, dans un premier temps, par l’accaparement des ressources naturelles et minières puis par l’exploitation pure et très dure des populations. De la guerre de l’or au XVIème siècle entre l’Espagne et le Portugal, ont succédé bien des « conflits » jusqu’à une date récente celle de la guerre de l’eau et des émeutes de la faim en Bolivie ou dans les pays noirs Africains.

Alors oui, M.Accoyer, nous sommes en guerre ! Avec cette phase particulière de crise financière qui n’en montre que mieux les rouages de notre propre exploitation. Cette crise pourrait nous faire espérer de prendre l’avantage sur la dictature financière qui succède à celle de l’économie productiviste des deux  siècles passés. Cette guerre, monsieur le président de l’Assemblée Nationale, sera peut-être victorieuse, ou nous plongera encore quelques années sous la férule d’une poignée de plus en plus mince de personnages de plus en plus riches. Mais n’oubliez pas que, comme le disait Marx, (l’économiste-historien et non l’excuse à une féodalité soviétique) le capitalisme coure à sa perte dans cette accumulation toujours plus grande dans des mains toujours moins nombreuses.

Pour en terminer, je ne saurais trop conseiller la lecture édifiante du livre de Pinçon-Charlot, « Le président des riches » qui détaille la stratégie de domination actuelle d’une frange de notre société accaparant tous les pouvoirs et les utilisant tous, en réseau, pour augmenter son emprise sur la piétaille que nous représentons, nous les instituteurs ou les cadres moyens sans parler des ouvriers et employés, considérés comme la variable d’ajustement de cette économie financière. –Bonne guerre à tous-

 

Par le militant de Sin
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